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Si on s'écrivait des lettres d'amour ?

L’écrit a toujours eu ce parfum de romantisme. Les sentiments sont comme exaltés, exacerbés, couchés et courbés sur une feuille blanche. Adieu les interdits, les conventions ou la bienséance, on ose tout écrire même ce que l’on a peur de dire oralement.
Nous allons découvrir pourquoi crier et décrier son amour dans une lettre est un symbole de romantisme, nous verrons également que les lettres d’amour se réinventent à l’heure d’internet et des téléphones portables.

Enfin, nous éveillerons votre talent d’épistolier grâce à des extraits de correspondances épistolaires célèbres.

A vos plumes !

 

Lettre d’amour symbole de romantisme 

Une lettre d’amour est pour certain l’authentique manifestation des sentiments, tandis que pour d’autres, elle est reflet de l’âme. On s’accorde tous à considérer la lettre d’amour comme un véritable symbole romantique. Comme nous l’avions déjà vu dans l’article, Peut-on s’aimer pour toujours, le romantisme met en avant le sentiment amoureux et nous pousse à l’exprimer, à l’exalter avec fougue et sincérité. La lettre est par excellence le support privilégié des passionnés mais aussi des timides et des rêveurs. Il est, en effet, parfois plus facile de révéler ses sentiments par écrit, point de regard interrogateur, juste une feuille blanche comme interlocuteur.

Dans le livre, Les amours de Lara Jean - Tome 1 : À tous les garçons que j'ai aimés,premier tome d’une trilogie, écrit par Jenny Han et adapté à l’écran pour Netflix, Lara Jean, l’héroïne, parle d’amour aux travers de lettres passionnées. Elle écrit tout ce qu’elle n’ose pas avouer au grand jour à ses amoureux. Dans la nouvelle, Lettre d’une inconnue, de Stefan Zweig, le héros reçoit une lettre anonyme bouleversante qui prend la forme d’une confession. Sa prétendante y transcrit un amour ardent qui la consume depuis leur première rencontre. 

La lettre endosse le rôle de messager et délivre ceux qui, sans elle, seraient restés voués au silence. L’autre versant de la lettre est qu’elle est ineffaçable car là où les paroles s’envolent, les écrits restent. Les lettres d’amour se conservent sans date de péremption, on peut les lire et les relire à loisir. Elles gravent ainsi notre histoire dans l’éternité.

Mais doit-on nécessairement, en ces temps connectés, murmurer son amour sur une feuille blanche ?

 

Quand les lettres d’amour riment avec 2.0

On vit une époque où la communication est reine et pourtant on s’écrit de moins en moins de lettres, jugées trop désuètes.
Le langage sms est devenu une prose et l’habile acrobate du pouce, un poète.
A l’heure des réseaux sociaux, on a jamais autant partagé, narré ou commenté. Nous pouvons dire que l’écrit tient une place essentielle dans nos vies.
Une lettre d’amour peut bien évidemment être écrite sur un clavier d’ordinateur et faire très plaisir à son destinataire.

Sur un site de rencontre où prime la séduction, on peut décliner ses sentiments au rythme du clavier et séduire l’autre avec ses mots.
Les adeptes du papier voient en ce courrier virtuel une grande absente, celle de l’écriture manuscrite. En effet, celle-ci transporte une part de notre histoire, de notre humanité, là où le clavier apparaît plus froid et plus impersonnel.
Ne dit-on pas que notre écriture reflète notre personnalité affective ?

A chacun, donc, de trouver le mode d’expression qui lui correspond, un désir de réponse immédiate par l’envoi d’un sms ou un instant suspendu dans une lettre manuscrite où la réponse se fait plus longue.
Une lettre d’amour manuscrite se cache et se glisse avec délice sous les draps ou dans les affaires de l’être aimé, un sms ou un mail se cache dans l’intimité de notre téléphone.
Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez déclamer votre amour par écrit, par mail ou par sms, voici quelques extraits des plus célèbres correspondances épistolaires de nos écrivains.

 

Les correspondances épistolaires les plus célèbres 

Afin de vous inspirer des belles lettres d’amour, voici un florilège de quelques correspondances épistolaires qui ont marqué l’histoire.

Juliette Drouet à Victor Hugo*

« Merci, mon cher adoré bien-aimé, merci d’être resté quoique tu fusses attendu chez toi avec impatience, merci de ton adorable lettre que je relis avec les yeux de mon âme et que je ponctue de baisers. Merci au nom de nos deux anges, merci au nom de mon amour, merci au nom de nos vingt-huit ans de bonheur, merci au nom de que tu es pour mon cœur, je t’adore. »

Gustave Flaubert à Louise Colet**

« Oui ma belle, tu m'as enveloppé de ton charme, tu m'as pénétré de ta substance. Oh ! si je t'ai pu paraître froid, si mes satires sont rudes et te blessent, je veux, quand je te reverrai, te couvrir d'amour, de voluptés, d'ivresse. Je veux te gorger de toutes les félicités de la chair, t'en rendre lasse.»

Anaïs Nin à Henry Miller***

« Je n’arrive pas à vous écrire, Henry, bien que je sois restée éveillée toute la nuit pour vous parler, pour te parler, de l’homme que j’ai découvert hier… l’homme que j’avais « pressenti » dès le premier instant — toutes les montagnes de mots, de citations, de phrases se sont écroulées, je ne vois plus que la splendeur, la splendeur aveuglante de votre chambre, et ce moment irréel — comment un moment peut-il être à la fois si irréel et si chaud — si chaud. »


Une lettre crée un lien singulier et confidentiel entre celui qui l’écrit et celui qui la reçoit.
Qu’elle s’exprime sur une feuille blanche ou sur un écran, l’essentiel est de faire parler son cœur. Et comme l’a souligné Démétrios de Phalère, orateur et homme d’état athénien, « C’est presque l’image de son âme que chacun trace dans une lettre. »****


Eva Mané 


Sources :

* LETTRE DE JULIETTE DROUET À VICTOR HUGO, Guernesey, 1er janvier 1861, mardi matin 8h1/2

http://www.maisonsvictorhugo.paris.fr/fr/oeuvre/lettre-de-juliette-drouet-victor-hugo

**Flaubert, Gustave : Lettres à Louise Colet,Nuit de vendredi, 1 heure. 14 Août 1846.

http://www.bmlisieux.com/litterature/flaubert/loucol08.htm

***Lettre d'Anaïs NIN à Henry MILLER - par Joseph LOHOU, 9 mars 1932

http://callac.joseph.lohou.fr/miller_henry_anais_nin.html

****Pierre Chiron, Démétrios. Du style. Texte établi et traduit

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