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Sex friends, réalité ou manipulation ?

Il y a quelques années, en -100 avant Kanye West plus précisément, un groupuscule de personnes a inventé un concept : coucher avec une personne qui n’est pas son amant ni sa maîtresse car on n’est pas mariés, qui n’est pas un coup d’un soir puisque la relation peut durer dans le temps, qui n’est pas un inconnu puisque c’est aussi un ami : le SEXFRIEND.

L’idée était foireuse dès le départ, parce qu’on sait bien que c’est plus compliqué que ça. C’est d’ailleurs pour ça que Napoléon a inventé un peu plus tard la notion de CODE CIVIL. Toujours est-il que l’idéologie a fait son chemin, oubliée pour un temps, remplacée par les années 60 puis les drogues chimiques, le sexfriending a fait son grand retour à la fin des années 2000, et résiste encore aujourd’hui, malgré des résultats souvent désastreux et des quiproquos gros comme un continent entier, par exemple l’Afrique qui est un continent relativement gros. Nous allons voir aujourd’hui pourquoi l’idée est bonne à la base, mais que oui mais non.

MOTIVATIONS PEU CLAIRES

Il y a deux personnes dans une relation de sexfriending. Deux personnes et donc deux états d’esprit possible. Le premier :

Sujet A : Il va tout d'abord vous dire qu’il veut devenir votre sexfriend et prononcera dans peu de temps le groupe de mots : « moi j’veux pas de prise de tête ». Que veut dire cette phrase : « je ne veux pas m’engager, mais je veux pouvoir coucher avec d’autres personnes que toi, en attendant de tomber amoureux de quelqu’un. »

Sujet B : Quelqu’un qui vous dit sur un ton un peu arrogant qu’il veut devenir votre sexfriend est quelqu’un qui aimerait que vous tombiez amoureux de lui, sans oser vous en parler directement pour ne pas vous « mettre la pression ». Alors plutôt que de ne plus vous compter dans sa vie, il se contente des miettes d’une relation, à savoir quelques coups de fils de temps en temps pour un peu de pornchat puis une relation sexuelle à la va-vite.

OR, le passé nous a montré que mentir sur ses motivations conduit toujours à l’échec et à une relation dénuée de serénité. C’est ce que nous allons aborder maintenant.

UNE RELATION TOUTE POURRIE

Selon que vous soyez le sujet A ou le sujet B, votre état d’esprit va se scléroser petit à petit à force de coucher avec une personne qui n’est ni une prestataire de services prostitutifs, ni votre amoureux, ni rien du tout pomme de terre en fait. Voilà comment ça va se dérouler :

Le Sujet A « prendra ce qu’il y a à prendre », avec détachement et flegme, oubliera de répondre à certaines sollicitations qui ont l’air anodines mais en fait pas du tout (nous verrons cela dans l’évolution du Sujet B un peu plus bas) et continuera à pointer ses antennes en direction d’une vraie relation. Un jour c’est ce qui arrivera, puisque dans la tête du Sujet A, la possibilité d’une vraie relation n’étant même pas ENVISAGÉE. Puis un jour ce dernier trouvera une vraie personne avec qui aller faire des trucs chiants de couple comme aller dîner ou se donner rendez-vous au cinéma, non pas parce que les relations sexuelles avec le sujet B l’ennuient, mais parce qu’il aura besoin de se structurer et de remplir le modèle que lui a inculqué la société, à savoir se mettre « en couple » sur Facebook avec une personne.

Pendant ce temps, le Sujet B suffoquera de ne pas avoir dit la vérité au Sujet A, à savoir « mais espèce de demeuré(e) tu n’as pas compris que je voulais être avec toi depuis le début ? Tu profites du fait que je suis toujours disponible et tu me baises sans plus de procès, ça n’est pas respectueux tu t’en rends bien compte ? ». Alors que ça sera complètement sa faute. Résultat, le Sujet B tombe amoureux et s’embourbe d’insomnie au moment où le sujet A ne répond pas à son texto de 2h du matin « hey... j’ai envie de toi... » et il a le teint gris et fait une dépression le jour où le sujet A arrive en disant « je crois que j’ai rencontré quelqu’un ».

DES CONSÉQUENCES CATASTROPHIQUES

À l’issue de cette relation qui aura pu durer des mois, le sujet B aura développé pour le Sujet A pas vraiment de l’amour mais plutôt une monomanie - car on sait très bien que les gens qui résistent paraissent toujours plus attirants - et plus grave encore, proposera à d’autres sujets A des relations similaires, par réflexe. Pendant ce temps, le Sujet A qui n’aura pas été mis au courant calmement qu’une relation saine était possible avec le Sujet B ne se rendra compte de rien, car il n’aura droit qu’à des messages d’insultes du type « tu m’as vraiment prise pour ta pute en fait.... ». Résultat, le sujet A se dira du sujet B qu’il est complètement taré, et le rayera de ses souvenirs.

MORALITÉ

Vous allez me faire le plaisir de prendre votre courage à deux mains si vous êtes un Sujet B et de dire à votre potentiel Sujet A que vous avez envie de l’inviter à faire des trucs chiants, au lieu de lui donner rendez-vous à des heures indues pour passer pour une personne « cool ». Le sexfriending n’a jamais été une réussite, ça n’est pas vous qui allez révolutionner ça. Même Hugh Hefner qui est un fin stratège se prend des crises de nerfs dans la tronche. Alors hop, si on couche avec quelqu’un, c’est qu’on a une bonne raison. Sinon on utilise les mains que Dieu nous a données ou des petits accessoires que 1969 a fabriqués pour nous.

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