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Que faire de nos passés ?

Nous avons tous déjà vécu des histoires d’amour tantôt jolies, tantôt scabreuses. Mais qu’est-il finalement ressorti de tous ces moulins du cœur ? Toutes ces relations que nous avons vécues, longues, courtes, saines, parfois moins saines, toxiques, passionnelles, plates, ces bouts de vie qui nous ont forcément construits, conditionnés, modelés, fabriqués de sorte à être ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous serons demain avec la prochaine ou le prochain.

Nous sommes toutes nos rencontres

Il faudrait presque, non pas s’attacher à la personne que nous sommes, mais à celle que nous étions afin de regarder l’évolution, et ce par le biais de nos relations. Il en est de même pour le regard que nous décidons d’avoir sur l’être aimé.

Ce n’est pas si mal, finalement, d’avoir en face de soi quelqu’un qui s'est construit à travers ses précédentes relations amoureuses. Car ces dernières  permettent inconsciemment de savoir à qui nous avons affaire. Ne vous a-t-on jamais dit de faire attention à la façon dont parlait votre nouveau partenaire de ses ex avant vous ?

Si certains voient une menace dans le passé amoureux de l’autre parce que malheureusement pour eux, les ex existent encore parmi le monde des vivants, d’autres l’analysent tout autrement. Il s’agirait de percevoir le passé amoureux comme une carte vous indiquant le chemin à suivre ensemble. Ou…non.

Ainsi, voilà le seul conseil qu’il faudrait toujours garder : tendez l’oreille, écoutez et appréciez. Ou fuyez. Celui ou celle que vous aimez est le résultat de ses rencontres passées.

Et si la jalousie du passé amoureux était une appréhension anxiogène et néfaste ?

Beigbeder écrit « je hais ton passé qui encombre mon avenir », car il lui est tout aussi insupportable d’imaginer ne serait-ce qu’un  instant l’image de celle qu’il aime enlacée, embrassée, aimée par d’autres hommes, que de la savoir détentrice de souvenirs bien à elle dont il ne fait pas partie. En somme, cette citation signifie littéralement : mon amour, ton passé qui t’est propre et sur lequel je n’ai aucune emprise, ni vue ni pouvoir alourdit la légèreté de notre amour naissant. Un sentiment bien fade et insignifiant n’ayant d’égale que la jalousie, voire la possessivité, marquant également un souci d’ego quelque peu épicé.

Il est pourtant intéressant de retourner cette phrase pour voir le passé amoureux de l’autre avec moins d’amertume et plus de goût.

Primo, le passé forge et installe d’emblée un climat qui plus est appréciable : vous êtes l’élu après ce qui n’a pas marché. Vous êtes le présent, la promesse d’un futur et non le passé.

Secondo, votre partenaire a élargi ses critères d’exigences, et devinez quoi ? Vous en faites partie. Vous êtes donc une exigence malgré vous, quelle grâce, quel honneur, regardez-vous !

Enfin, vous voilà désencombré d’un passé dont vous n’êtes ni acteur, ni spectateur, mais l’invité privilégié pour savourer de ce pas un nouvel amour présent. Et pourquoi pas prometteur d’un futur commun. N’est-ce pas ?

Surtout, il est indispensable de ne jamais l’oublier : aimer à nouveau, se donner encore, recommencer, encore, s’ouvrir après avoir bâti une forteresse tant de fois abîmée pour s’abandonner au présent incertain, c’est être très fort. Vraiment très fort.

@ladelicatessedesmots 

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