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Pourquoi j’ai toujours aimé draguer sur Internet (et pourquoi j’aime les sites de rencontre)

Je trouve de nombreux points communs entre l’articulation d’une rencontre épistolaire et celle d’un bon repas...


1. Entrée - La recherche


Pour les plus timides, l’arène Internet est une opportunité, notamment lorsqu’il s’agit de séduire et d’être séduit.e.

Grand esprit mais fine gueule, je fonctionne comme un entonnoir : j’ai un grand cône et un petit tube.

Les sites de rencontre développent considérablement notre champ des possibles amoureux. À l’inverse du restaurant, où je ne suis pas difficile, j’aime y trouver une carte large puis, prendre le temps de l’étudier afin de faire un choix éclairé. Essayer de faire un choix éclairé.

Les choses y sont claires et posées : nous sommes tous là avec les mêmes objectifs (à quelques détails près...). Quel plaisir que de composer son profil, véritable chef d’œuvre pictural et littéraire, en remplissant les cases que nous suggère notre site favori. Quant à la consultation de ceux des autres convives, inscrits, elle me fait le même effet que la découverte du dernier catalogue Toy’R’us à la mi novembre.

Lorsque j’étais déterminée à trouver « mon quelqu’un », j’aimais particulièrement ces instants capiteux où j’ouvrais mon ordinateur pour rêver à des trajectoires extravagantes, des destins épiques. De quoi me sortir de mon quotidien-séduction rythmé par des « T’as pas l’heure ? » de rue et les « Tu fais quoi ce soir ? » de cet ami obsessionnel auquel j’avais déjà expliqué à de nombreuses reprises qu’un avenir commun était inenvisageable même sur un malentendu, par temps de brouillard.



1. Plat - La discussion, la construction


Excitée par ce prélude, une fois que ma plume et que mon intérêt se sont posés sur un (quand j’ai décidé d’être sage) homme, je rentre dans le lard du sujet : l’apprentissage de l’autre. J’ai faim.

À l’écrit on s’affranchit de certains a priori, on apprend à découvrir son nouveau partenaire épistolaire qui se montre alors sous son meilleur jour et tant mieux. Nous sommes là pour rêver et... j’ai l’espoir qu’il conserve cette bonne habitude.

J’aime coécrire ces histoires. J’aime travailler une belle rhétorique, composer de petits bijoux de littérature et construire une pièce en plusieurs actes, rythmée par une vie courante qui passe alors au second plan. Du bonheur d’obséder sous contraintes.

Ce récit, cette mythologie commune, est la base sur laquelle se construit l’histoire amoureuse. Ce socle solide, supportera les dialogues plus légers inhérents à la continuité de l’aventure : « T’as vu ? Le chien a fait dans le salon, j’espère que ça ne va pas tacher le parquet, tu pourras ramasser en arrivant, j’était en retard en partant ? », « Tu peux m’acheter du chocolat en grosse quantité et des tampons ? J’ai la dalle. »

D’un point de vue pédagogique : on apprend la patience, à savourer l’instant, à trouver du charme dans l’attente. C’est comme patienter, sur nappe blanche et avec gourmandise, l’estomac un peu piquant, que le serveur nous apporte le plat suivant. Si vous avez l’impression de faire la queue au fast-food, fuyez.

D’un point de vue technique : c’est confortable, armé.e d’un simple clavier, on se sent comme une bombe en puissance, peu importe la propreté de nos cheveux ou l’élégance de notre pyjama. Ce qui compte, c’est le mot.

Les photographies ? On peut leur faire dire ce que l’on veut : mon avatar à la tête de mes 26 ans et mon corps de préconfinement. Personnellement, je ne me suis jamais focalisée sur un « physique type » ou des impératifs visuels. Si mes ex devaient tourner dans un film, ce serait probablement un remake de Freaks.



1. Dessert - La rencontre


L’ivresse totale, la cerise amaretto sur le baba au rhum !

Naturellement, vient ce moment, amené par notre travail préliminaire épistolaire, où la rencontre physique doit se produire, elle est inévitable.

Je vous le certifie, tous ces exordes, ne le rendent que plus explosif. Et... on a toujours de la place pour le dessert.



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