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On fête l'arrivée du Printemps avec Safia Bahmed-Schwartz

Le nouvel EP de Safia Bahmed-Schwartz, Printemps (LifeTour), est sorti le 21 mars 2018. C'est le premier opus d'une série de quatre, à la Vivaldi mais version rap, pop, rock et cloud. Vous pouvez l'écouter ici tout en lisant notre interview.

AdopteUnMec | Ta musique est à la fois sombre et hyper sensuelle. La mélancolie et la sexualité semblent occuper une place importante dans ta musique (dans tes dessins aussi). Comment as-tu créé cet univers bien singulier et quelles sont tes influences pour cet EP ?

Safia | L'univers s'est créé au fil des dessins, depuis plus de dix ans, autour des corps qui s'enlacent et lâchent prise. Je n'ai pas d'autre inspiration que la vie, les petits maux et les grandes peines, les petits bonheurs et les grands oublis de soi. Cet EP est le premier d'une série de quatre, un pour chaque saison, celui-ci donc : le printemps, les arbres en fleurs et le plaisir de prendre un café en terrasse.

AdopteUnMec | Tu parles beaucoup d'amour dans ton EP, donc forcément, ça nous intéresse. Notamment dans L'amour du risque, D/sir et Dans La Solitude Des Champs De Coton. L'amour, c'est un moteur de création pour toi ?

Safia | Sans amour il n'y a pas de vie, si ? Quoique dans le métro le lundi matin il n'y a pas trop d'amour. Et puis tu reçois un message de quelqu'un que tu aimes, sur qui tu as eu un crush et le métro se transforme en paysage idyllique, en champ de fleurs. L'amour c'est magique, ça transforme tout, ça éclaire en plein brouillard. Et le plaisir permet de se sentir en vie. Je trouve ça fascinant de pouvoir vivre, partager avec quelqu'un un moment aussi puissant, c’est comme une incantation, une cérémonie mystique. Alors l'amour que je reçois sur Twitter d'inconnus jusqu'à dans mon lit est un moteur, oui. C’est même l’essence qui le fait tourner.

AdopteUnMec | Sinon, ça se passe comment d'être une femme qui rappe dans ce milieu réputé assez masculin ?

Safia | C'est drôle, c'est dur, désespérant, challengeant. En vrai je collabore avec des hommes et des femmes qui sont immenses et bienveillants, avec qui il se passe des choses qui me font me sentir forte. En dehors de ça, ça ressemble à un champ de mines, il faut être vigilant. J'ai déjà perdu une jambe et un bras mais je continue, ça ne m'arrêtera pas. Pour être franche, c'est pas les « pute, pute, pute » bien que sexistes et rabaissants qui me dérangent le plus mais plutôt les blagues pourries et sexualisantes d'un technicien ou d'un professionnel de la musique, dans le cadre du travail. C'est vraiment relou de devoir faire face à ces conneries.

AdopteUnMec | Question bonus : quelle est la recette de la femme badass du turfu ?

Safia | S'aimer, parce que personne ne le fera mieux que soi, se connaître, faire confiance à ses pensées, à ses envies et à ses désirs. Ne pas avoir honte de lâcher prise, ne pas avoir honte de s'imposer. Au contraire en être fière, ne pas se justifier de tout ça !


Retrouvez Safia Bahmed-Schwartz en live :

Paris - Trabendo - 28.4.18

Toulon - Rockorama festival - 29.6.18


Alice Gautreau

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