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Notre premier baiser, à ne jamais oublier

Il pleuvait ce jour là, ou peut-être était-ce simplement mon coeur qui débordait. J’ignorais que je te cherchais, à vrai dire, j’ignorais que je cherchais quelqu’un - et je crois que c’est ce qu’il y a de plus beau dans cette histoire. Je n’attendais rien de la vie lorsque je t’ai rencontrée. Je t’ai attendue sur une terrasse, trois cafés dans le sang, prêt à perdre une nouvelle fois mon temps avec une inconnue, et, surprise de l’existence, à l’approche du son de tes pas, déjà, il n’était plus question d’une rencontre, mais de retrouvailles. Drôle de sentiment, que d’avoir la conviction de connaitre la personne que l’on découvre. Nous avons parlé brièvement, comme on prend des nouvelles de ceux que l’on n’oublie pas, et nous sommes partis, j’ignore où, mais je me souviens que tu as pris ma main. C'était si naturel, comme apprendre à respirer, à croire que croiser ton corps avait été ma fessée, et maintenant je pouvais goûter à pleins poumons la vie en ta compagnie… Je sentais que nous avions le temps, et que, sans même serrer ta paume contre la mienne, rien ne pouvait séparer notre union naissante, qui datait de l’éternel. Quelques pas sans rien dire et tu m’as arrêté au milieu d’un passage piéton. Je me souviens de tes yeux gorgés d’attente, tes pupilles criaient : « On s’en fout du monde ! Nous avons perdu assez de temps à nous retrouver ». Alors je t’ai embrassée, ou bien est-ce toi qui en stoppant notre course inutile a fait le premier pas ? Nous nous sommes embrassés, et, soudain, les hurlements des klaxons étaient silencieux, les rues où des vagues de piétons ricochaient sur les trottoirs étaient désertes. Il n’y avait que nous, deux paires de lèvres qui partagent un peu de salive, comme on offre de l’eau à un animal blessé.

Lucas Clavel

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