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Les amours saisonnières

Il y a des amourettes d’été et moi, j’ai un amoureux d’hiver que je cache sous ma couette. La nuit, il me tient chaud et me dit que je suis belle. Il n’est pas bavard mais ses rares confessions me rendent sage et attentive, comme y parviennent ces êtres qui ne mentent pas. Quant à moi, je suis une passionnée de littérature qui sans l’usage des mots aurait le sentiment de vivre dans un quotidien banal. Il boit mes paroles comme je bois ses yeux sur moi. Au réveil, je sens toujours ses mains venir encadrer mon visage pour dévorer mes joues de baisers. C’est un oiseau de passage déguisé en amoureux dont rêve probablement la majorité des femmes. Il a tous les défauts que j’aime. La pudeur l’habille d’élégance et la drôle de phobie qu’il a de devoir décortiquer les crevettes s’il en commande au restaurant me rappelle qu’il reste humain. Près de lui, tout me traverse ; je sais alors que mon cœur bat. En soirée, je ne fume plus et l’alcool semble même gâcher nos précieux instants de grâce. Je vois Tom depuis un mois. Sous le ciel de Paris, le présent est notre seule promesse. Parce que Tom habite à Miami. Il y a des amourettes d’été. Moi, j’ai un amoureux d’hiver. Dans un mois, je le sais, il ne sera plus là.

Tout sauf l’ennui

Beigbeder a écrit « Il faut que l’amour soit passionnel, inconditionnel, fusionnel et jaloux, quitte à ce qu’il dure peu. » Ce que Beigbeder met en exergue dans cette pensée, c’est que la rose est là, devant moi. Je la contemple et alors je la trouve si belle, si appréciable dans le spectacle de sa naissance, que je préfère en garder le plaisir du parfum et de la beauté plutôt que de la voir fâner en l’arrachant pour la garder éternellement près de moi. Avec un amour de saison, la rose ne fâne pas. On sait que la relation n’ira pas à son terme comme une relation amoureuse possible. Avec un amour de saison, l’amour se consume autrement, passionnément. On sait qu’il faut profiter de chaque instant. Avec Tom, je ne m’ennuie pas. Je n’en ai pas le temps. Parce que le temps a déjà gagné contre nous. Dans un mois, il ne sera plus là. Je dois l’aimer tout de suite, avec ardeur.

La date de péremption

Si j’anticipe la fin parce que je la connais déjà, alors j’aurai moins de chagrin au moment du départ, puisqu’en l’anticipant, je vis déjà mon chagrin. Je suis préparée parce que mon histoire d’amour a une date de péremption. Alors je vais me donner corps et âme quitte à fleurir dans le chaos. Peu m’importe, je n’ai qu’une vie et celle-ci, je veux la vivre avec toi mon amour. Deux mois dans tes bras. Il pourrait sembler étrange aux yeux des autres de s’embarquer dans une histoire d’amour impossible. Je ne suis pas de cet avis. Même si je fleuris dans le chaos, je vibre. Et si cette date de péremption tant redoutée d’un amour saisonnier était la clé pour exister vraiment et pleinement ?

Et après ? 

L’espoir de le revoir.

Par @ladelicatessedesmots

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