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Vous êtes-vous déjà perdu dans les moulins d’une relation à distance ? Avez-vous déjà, par delà cet amour, voyagé et goûté des sensations qu’il vous était impossible de goûter en restant dans votre quotidien confortable ?

Moi, oui. C’était il y a six mois en Italie.

Comme il est excitant de démarrer une histoire d’amour sans connaître sa destination. « Savoir que l’on fonce dans un mur, et accélérer quand même », avec l’espoir illusoire et grandissant d’une fin heureuse, à la hauteur des montagnes russes qu’elle nous offre. En septembre, je décide de m’offrir un sublime cadeau : la légèreté. À travers mon écran noir s’y trouvent quelques avantages, et l’un d’entre eux s’appelle Filippo. Le garçon, comme son prénom l’indique, habite en Italie. Un jour, alors très excitée à l’idée d’échanger avec lui depuis bientôt deux mois via Instagram, il décide de m’inviter chez lui, dans ce magnifique pays qui n’est pas le mien. Philippe porte le prénom d’un prince, est beau comme un Dieu et semble vivre la vie que personne ne vit autour de moi. Ils me disent tous folle. Trop tard. Les billets sont pris.

Vers l’inconnu et l’au-delà

Oh je ne vous dirai pas combien ce fût beau. Je vous dirai simplement que cet homme m’a fait connaître un pays que j’ai aimé, si fort, que j’ai fini par aimer celui qui me l’a fait connaître. Quand on tombe amoureux d’un étranger dans un pays qui n’est pas le nôtre, c’est très, très excitant. Parce qu’on accepte de changer nos habitudes et que l’on se surprend à devenir quelqu’un d’autre. Ce quelqu’un d’autre qui n’est autre que nous, mais en mieux. Grisante, fascinante petite et merveilleuse nouvelle version de soi-même. Afin d’apprécier mon voyage dans chacun de ses contours, j’ai dû m’adapter à un environnement qui ne ressemble en rien au mien. Je ne me suis pas redécouverte, je me suis trouvée. Et je me suis aimée. Tomber amoureux de quelqu’un qui ne nous ressemble absolument pas permet, parallèlement, d’apprendre à s’aimer soi. Bien sûr, il va de soi que pour voir cet orange gronder en nous, il faut savoir être parfaitement ouvert à la passion et prévenu quant à ce qu’elle emporte avec elle. Sans cela, à ses prémices, l’amour à distance est inenvisageable. Après quelques allers retours entre Paris et Rome, tout me semblait possible. Quitter Paris par amour le devint aussi.

Du rêve à la réalité

Et une fois rentré à la maison ? Les souvenirs s’emmêlent à une réalité en forme de point d’interrogation. Commence alors cette douce descente aux enfers aussi vive qu’indélicate. Car le manque est supportable lorsqu’il peut être comblé incessamment sous peu. Mais si l’autre n’habite pas du tout près de chez nous ? Apparaissent alors les doutes. Des centaines de doutes. Des milliers de doutes. L’angoisse, la peur, le brouillard, les nuits blanches au café noir, le regard collé au plafond à se demander combien d’argent encore nous allons dépenser, combien d’énergie sommes-nous capable de puiser en nous-même, pour cet autre qui n’est pas là, cet autre qui n’a pas le même rythme que moi, pas la même vision de l’amour que moi. Combien de temps cela va-t-il durer ? Mais puisque la passion fait vivre, puisque j’ai décidé de ne vivre que de ça, dois-je m’en plaindre ? Après tout, les compromis existent. Cette relation est-elle viable ou l’ai-je idéalisée comme un Disney ? Pitoyable comme le cerveau humain efface irrémédiablement la douleur de sa mémoire. Ou magnifique. Je ne sais pas, ce que je sais, c’est que dans la Belle au Bois Dormant, le prince s’appelle Philippe.

Paris/New-York, un pari possible ?

J’aurais tant voulu que cette histoire finisse bien. D’autres y arrivent. Moi, je n’ai pas eu cette ambition-là. Mais ce que je retiens, c’est cette admirable force que je ne connaissais pas en moi. Celle de continuer, tout en sachant que la fin du contrat avait été signée dès nos prémices. Pour réussir une histoire d’amour à distance dans le temps, à coups de voyages en terre inconnue, de solitude nécessaire et appréciée, de retrouvailles passionnelles à l’image d’un Disney, il faut simplement voir dans la même direction. Nul besoin alors d’accorder à deux les violons. Si la direction est commune, la patience et l’amour résistent malgré la distance. L’amour ne nous manquait pas, bien au contraire. Mais l’amour de ma vie, ce n’était simplement pas lui.

Fin.

Par @ladelicatessedesmots

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