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Vince, dessinateur de post-it érotiques

Vince est illustrateur. Avant il a fait de la BD avec son pote Stan. Des albums que je ne connaissais pas mais qui pèsent quand même, comme les séries « Vortex » et « Les Chronokids ».

En 2015, il a co-signé avec Zep un album pour adultes « Esmera », qui par le plus grand des hasards, s’est retrouvé dans ma bibliothèque. (C’est l’histoire d’une meuf qui change de sexe à chaque fois qu’elle a un orgasme.)

Mais quand je suis allée le rencontrer, je ne savais rien de tout ça. Ni même qu’il était l’auteur d’une des trois BD noyées parmi les romans de ma bibliothèque. (Et en plus, j’avais la gueule de bois.)

Aujourd’hui,

Vince dessine des meufs bonnes, souvent nues mais toujours sexy. Il poste ses oeuvres crayonnées sur des enveloppes déjà utilisées ou sur des post-its sur son compte Instagram. J’ai donc discuté avec le créateur du porns-it, en compagnie de la galeriste Isabelle Guilloux à l’Atelier Hauteville.

Elle, elle a raconté qu’elle était tombée amoureuse de son mec en CE1 alors qu’il devait dessiner un oiseau. Il a choisi le perroquet, au potentiel aphrodisiaque insoupçonné. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’artistes dans leur galerie.

Quant à Vince, un mec vraiment sympa, il m’a parlé de volupté, de poils pubiens et de dessins masturbatoires.

Quand on lui pose la question, Vince répond qu’il n’a pas le fantasme d’une seule femme. C’est sans doute pourquoi il les dessine comme il les rêve, sensuelles et provocantes. Il n’en déifie aucune, l’éventail des jolis corps étant, selon lui, trop large et fluctuant. Mais nombreuses sont celles qui lui plaisent, il suffit d’un regard, d’un geste de la main ou d’une attitude. Désinvolte ou provocante, tout est possible, du moment qu’elle se fait remarquer. Le flacon et l’ivresse, le portraitiste gourmand ne choisit pas.

 

Le nu 2.0

D’ailleurs, son projet semble aller dans le sens inverse de celle de la divinisation féminine. La femme, il la met en chair, il carne ces corps excitants pour les mettre à portée d’imagination lascive.

A l’image de sa muse actuelle, la modèle anglaise sans autre angle que celui de sa frange, Tessa Kuragi. Des seins énormes, un personnage ultra sexy et un petit penchant pour le SM, voilà ce qui enflamme le dessinateur (et ses followers.)

D'ailleurs je lui ai demandé quels comptes Instagram de dessinatrices il aurait aimé investir en tant que modèle, il m’a répondu : Tara Mcpherson, Vanesa R. Del Rey et Soey Milk

L’art de Vince émerge exclusivement de son cerveau reptilien, là où les femmes se délassent à l’infini en offrant courbes tendres et caractère féroce à leur hôte spirituel. Imaginer une femme qui lui plait et la mettre dans une situation inédite, voilà le procédé de l’illustrateur.

Ses dessins naissent donc d’envies obsédantes et de femmes qui le séduisent à son insu : « Pour me les sortir de la tête, il faut que je les mette sur papier. »

Conclusion : La libido de Vince s’agite hors de lui, crayon à la main et ses porns-it s’inscrivent dans « l’art du temps » : petits formats carrés, privilégiés des réseaux sociaux, que tu colles quelque part pour te souvenir que la vie est sexy.

Ah oui, et concernant les poils pubiens : avec ou sans, c’est bien.

Candice Joncour

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