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Quand l’art voit la vie en rose (partie II)

Rose bubble gum, rose pastel, rose fuschia… Les nuances de rose se comptent par dizaines, les artistes qui s’en servent également. Suite et fin de ce tour d’horizon avec cinq artistes qui se sont inspirés de l'ambiguïté, de la délicatesse et de l’extravagance du rose.

1. Luisa Callegari, le féminisme en rose

Pour l’artiste brésilienne Luisa Callegari, pas question d’aller dans le sens d’un rose romantique et girly. Elle s’en sert plutôt pour dénoncer la manière dont le corps des femmes est regardé et représenté pour le seul plaisir des hommes. Elle réalise ainsi Coroa (2018), une sculpture de fil barbelé rose qui rappelle la couronne d’épines du Christ. Une couronne de princesse qui embellit autant qu’elle blesse celle qui la porte. Récemment, elle pose sur fond rose le corps entravé par une corde reprenant la posture de Jésus sur la croix, jouant des codes SM pour dénoncer les stéréotypes qui piègent le corps des femmes.

2. Les plaisirs roses de Maurycy Gomulicki

Maurycy Gomulicki est un artiste polonais pour qui le rose est la couleur du plaisir, et son plaisir à lui ce sont les femmes et plus précisément leur sexe, auquel il voue un véritable culte. Une monomanie qu’il pense commune à tous les hommes (hétérosexuels, ça va sans dire). Il a ainsi réalisé de nombreuses œuvres en plexiglas entièrement roses qui reprennent le motif de la vulve. Et quand ce ne sont pas des sexes de femmes, ce sont des sex toys roses gigantesques qu’il fait se dresser sur les places polonaises.

3. Soufiane Ababri et le rose queer

Lors de son exposition de dessins homo-érotiques dans une galerie parisienne en 2018, Soufiane Ababri a entièrement peint les murs en rose. Selon cet artiste franco-marocain, le rose fait écho au triangle que portaient les déportés gays lors de la seconde guerre mondiale. Depuis les années 1970, les militants gays se sont réappropriés ce symbole pour en faire celui de leurs luttes. Il est ensuite repris par Act Up pour symboliser la lutte contre le sida. Aujourd’hui, le rose est souvent employé par les LGBT et les queers pour affirmer leur différence par rapport à la "norme" de l’hétérosexualité.

4. La vie en rose d’EVA & ADELE

La vie toute entière des célèbres "jumelles hermaphrodites du futur" baigne dans le rose. EVA & ADELE cultivent une ressemblance au quotidien qui amène à les confondre. Pour ces artistes hors du commun, le rose est au-delà du féminin et du masculin, même s’il faut admettre que le maquillage et les mini-jupes laissent croire le contraire. Durant des années, elles ont arpenté les expositions et foires d’art contemporain avec un camping-car rose qui est devenu un véritable emblème de leur art.

5. Nici Jost et le rose délicat des fleurs

Parce que le rose n’est pas qu’une histoire de sexualité ou de genre, l’artiste Nici Jost s’est quant à elle penchée sur une autre thématique liée au rose : celle des fleurs. Avec Delicacy of power (2016), cette artiste suisse qui fait du rose une obsession s’inspire de la cérémonie japonaise de contemplation des cerisiers en fleurs, qui a lieu chaque année au printemps. Cet arbre réalisé en récupérant des sacs plastiques joue du contraste entre les fleurs qui se fanent en quelques jours et le plastique qui met des dizaines d’années à se décomposer.

Kévin Bideaux

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