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Quand l'art voit la vie en rose

Rose Barbie, rose princesse, rose lolita... Le rose est la couleur du féminin depuis presque un siècle : on s’en sert pour indiquer ce qui est féminin, et lorsqu’il est employé au sujet des hommes, il les effémine, voire les homosexualise. Couleur controversée et ambiguë, le rose est une source intarissable d’inspiration pour de nombreux artistes. Petit tour d’horizon de ces artistes qui voient la vie en rose.

1. JeongMee Yoon : rose pour les filles, bleu pour les garçons

Le Pink and Blue Project est certainement l’œuvre la plus connue de JeongMee Yoon. C’est une série de photographies, sans trucage, qui montre des enfants noyés dans des jouets roses ou bleus, au milieu de leur propre chambre. La photographe coréenne avait remarqué que sa fille était obsédée par le rose, et elle a voulu voir s’il en était de même dans les autres familles de Séoul, puis de New York. Il semble que ça ne fasse plus vraiment de doute.

2. Portia Munson : le marketing rose à la loupe

Le Pink Project de Portia Munson part plus ou moins du même postulat que Yoon : le rose c’est pour les filles. L’artiste britannique a récupéré et rassemblé des milliers d’objets roses conçus pour les femmes, qu’elle expose ensuite sur des tables, dans des boîtes ou dans des armoires. Elle les classe par catégorie, ce qui permet de voir les différents types d’objets associés aux femmes et qui se conforment aux stéréotypes : des peignes et des miroirs pour se faire belle, des peluches à câliner ou encore des sex toys.

3. Kate Gilmore ou la maison rose

Beaucoup de rose également dans le travail de la sculptrice et performeuse britannique Kate Gilmore : en 2015 lors d’un festival d’art contemporain, elle repeint une maison entièrement en rose (Higher Ground). À l’intérieur, des performeuses en robe blanche jouent inlassablement à la balançoire, nuit et jour. Avec le rose, l’artiste montre que le domicile est un espace féminin, qui bien qu’il puisse être un lieu de réconfort et de plaisir, est aussi le lieu des tâches domestiques répétitives.

4. John Roemer et le Baker-Miller Pink

L’artiste américain John Roemer a utilisé le Baker-Miller Pink dans plusieurs œuvres, dont une fresque présentée dans les rues de Denver en 2018. Le Baker-Miller Pink est une couleur qui d’après le psychologue suisse Alexander Schauss aurait la capacité de détendre le corps et de diminuer la force musculaire. Bien que ces études de 1979 aient été plusieurs fois démenties, de nombreuses prisons partout dans le monde ont choisi de peindre des cellules de ce rose afin de calmer les détenus les plus agressifs.

5. Une épidémie rose de Joël Hubaut

En 2001, l’artiste français Joël Hubaut installe dans les Abattoirs de Toulouse (un espace d’art contemporain) une véritable mini-ville rose qu’il baptise Psyclom-clom épidémik. Épidémique elle l’est bien, puisque tout ici est entièrement rose : un bar, un coiffeur, un mini-golf et un sex shop rose ont ainsi ouvert le temps de quelques semaines. En 2017, lors d’une foire, il retente l’expérience en miniature : une ambiance délirante où les visiteurs ont joué le jeu du total look pink.

Kévin Bideaux

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