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Maquée avec le manque

Ma vie se conjugue à la manière d’un plan à trois. Souvent, il y a toi, souvent il y a moi, et souvent le manque, aussi, s'immisce là.

Le manque est un personnage central en moi qui porte plus haut encore toute la réalité que je me fais de toi. Il t’embellit, te cristallise à l’image de Scrat dans L’Âge de Glace mais en plus sexy avec un museau légèrement plus petit.

Le manque est l’ennemi à qui j’en veux quand tu pars, celui qui t’arrache à moi avec la même violence qu’un car jacking sur une aire d’autoroute. Dévastée par l’absence, je suis.

Il est l’ami que je chéris quand il décuple mes élans intérieurs pour toi, outrageusement désirante, je suis aussi.

Et si ton absence me laisse emplie par le vide, ta présence me rassasie si peu pourtant. J’ai faim de toi, tout le temps. Tu me manques même quand tu es sous mes yeux, quand tu ne me regardes pas, quand tu dors, quand tu oublies que je suis là, quand tu fronces les sourcils pour un je-ne-sais-quoi, quand tu lis, quand tu pestes, quand tu ne sais pas te servir d’une télécommande ou d’un GPS, quand tu téléphones, quand tu écris, quand tu ris avec les autres, quand tu parles tout seul comme si je n’existais pas, quand tu penses à tout sauf à moi. Tu me manques même quand ton regard me transperce et que je comprends que sur ce micro espace-temps, il n’y a que moi. Je t’observe. J’aime te regarder te mouvoir, évoluer dans l’espace sans que tu te soucies de moi. J’aime que tu m’oublies tout en me sachant là, un filet d’air entre nos bras. Tu es là et c’est peut-être les moments où tu me manques vraiment. Respirer, tu n’as nul besoin de moi pour ça. Ça te rend beau d’être vivant.

Le manque te rend addictif que tu sois là ou pas. Il me pousse à la surconsommation de ta personne, de tes mots, de ton sourire, de ton regard, de ton corps, de ta réflexion. Il me fait dire que tu es comme le Gin Tonic de trop que je prends quand même, avec celui qui suit et celui d’après. Le plat du dimanche que tu laisses Mamie te resservir trois fois quitte à crever juste en regardant le plat. Tu es comme le film, La Cité de la Peur que j’ai vu 17 fois et que je pourrais regarder encore juste parce que j’ai envie de danser la Carioca, une nouvelle fois avec toi. Tu es comme le flan double crème que je te regarde manger en buvant mon café, comme le Pad Thaï noix de cajou que j’ai à toute heure de la nuit envie de défoncer. Tes yeux, tes cheveux, tes mains, ton cou, tes reins, tes coups de reins, tout est bon à prendre pour être prise, enfin.

Tu es le sucre, le café, le tirage dans l'ordre du Quinté, le chocolat dans tous ses états, la pizza napolitaine, le Magnum amande (arrêtez avec le Classic, il est beaucoup trop classique, voyons), le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière avec celui de sa mère, le carambar que je suce, le sel, le miel sans les abeilles à moins qu’elles me butinent au soleil, le Millionnaire à trois TV, le carré VIP de la Concrète, la roulette russe à laquelle j’aime me risquer, tu es le trop et le pas assez. Tout ce dont j’ai besoin pour être rassasiée sans vraiment l’être jamais. Je suis le calme, la tempête et toi, les vents contraires qui bousculent et s'engouffrent dans tout ce qui manque chez moi. Le manque peut donc combler, aussi, parfois.

Le manque tient la chandelle, le manque mène notre danse, le manque donne le La, le manque t’aimante à moi. Le manque me manquerait autant que toi s’il n’était pas là.

Par @Plaquemoisurtonmur

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