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Les réseaux sociaux et le post-rupture

Do you believe in digital after love

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Quand il n’est plus raisonnable d’aimer…

Parfois, on trouve le courage de rompre. Qu’il est difficile de prendre cette décision et de s’y tenir afin de ne pas persévérer  dans une relation sans issue ou délétère ! Parfois, on subit la séparation. Qu’il est difficile d’accepter, de « lâcher », de ne pas  s’accrocher à quelqu’un qui ne veut plus de nous !

Après la rupture, les réseaux sociaux nous permettent de garder un contact discret avec « l’autre partie de notre couple ».  Dans cet espace, il est possible d’entretenir une relation cordiale : c’est l’hommage que l’on peut espérer rendre à une histoire qui  a compté. Ces réseaux peuvent également se révéler être des rappels très douloureux : ils rendent l’absence présente.

Se « déconnecter » de son ancien ou de son ancienne partenaire : le geste m’est longtemps apparu comme mesquin, revanchard et sentencieux. C’était pour moi l’expression d’un égo désolidarisé du cerveau. J’ai souvent estimé que j’étais capable de résilience et au-dessus de ces comportements très bas : « Ce n’est pas car nous avons rompu que nous devons  nous comporter comme des sagouins et « supprimer » l’autre de nos réseaux en portant le clic fatal ! ».

Oui, une rupture, c’est un petit meurtre.

Après une séparation amoureuse, faut-il rester connecté sur les réseaux sociaux avec son « ancien ou son ancienne  partenaire » ? Faut-il le ou la supprimer de sa vie numérique ? Je ne pense pas avoir fait des tours de la vie et de l’amour si grands qu’ils puissent me permettre de me sentir légitime au moment de vous donner des conseils.

Je vais vous raconter mes histoires, aborder plusieurs cas de figure, vous partager mes émotions et mes interrogations afin de poser quelques idées et d’ouvrir la réflexion.

Les réseaux sociaux peuvent-ils accompagner une rupture avantageusement ?

I. La fois où je l’ai quitté et où nous sommes restés « contacts numériques »

Concernant la séparation, j’avais d’excellentes raisons et un point de chute ! D’accord, ça n’est pas exactement le sujet.

Étant à l’initiative de LA décision, j’ai imaginé qu’il me revenait de couper ces ponts… pas si symboliques. Si aujourd’hui, je remets en question ce raisonnement, cette logique, à l’époque, j’ai été incapable de cliquer sur « Retirer des amis ».  « L’autre » n’a pas fait ce geste non plus. Pourquoi ? J'ai longtemps hésité : était-il curieux de savoir ce que je devenais,  pensait-il toujours à moi et n’acceptait-il que partiellement cette séparation ? À l’inverse, était-ce l’expression d’un désintérêt récent ? Était-ce une forme de revanche nonchalante…?

L’avenir est resté muet.

II. La fois où il m’a quittée et où nous sommes restés en contact sur les réseaux

Le tableau : c’était une rupture soudaine mais tiède entre adultes désabusés.

Celle-ci ne m’a pas semblé définitive et… nous n’avions jamais abordé les questions que nous nous posons ici.

En matière de rapports humains, j’aime imaginer que tout se répare, que rien n’est immuable. Cette illusion m’a bercée si fort que je me suis envolée : j’ai pris la nouvelle avec beaucoup de légèreté.

Dans les faits, son départ était bien définitif. Plus bas que terre, j’ai creusé pour enterrer un à un mes espoirs, lentement.  Pendant des mois - des années - je n’ai plus eu le cœur à la fête : il était toujours la pelle à la main sous un temps de Toussaint.

Avec un peu de recul, je réalise que maintenir un lien sur les réseaux sociaux avec « cet autre » a entretenu mon déni, mon refus de prendre en compte l’entière réalité : je n’arrivais pas à tourner la page ou fermer le livre.

Puis… des réseaux à la messagerie, il n’y a qu’un doigt. J’ai continué de lui envoyer des messages. Il me répondait de temps en temps, mué mollement par la pitié (je l’imagine…).

III. La fois où il m’a quittée et retirée de ses « contacts numériques »

J’aurais pu le poser en préambule : je fréquente très généralement des hommes responsables, mesurés et bienveillants. Plutôt détachés de ces « considérations numériques », ils ne cherchent ni à se venger ni à me faire du mal, quelle que soit l’issue de notre relation. Je n’ai pas que de la chance, j’ai du nez.

Carton jaune ! Ce coup-ci, j’ai manqué de discernement en sortant avec quelqu’un de paumé et vicieux.

Il a coupé tous les ponts entre nous… car sa nouvelle compagne le lui a imposé.

Cette rupture nette, brusque et inattendue n’était pas bien saine (c’est à l’image du reste de notre relation, ceci dit). Pour  habiter mes soirées, j’ai cherché à gratter un peu de « cet autre » en soufflant sur des braises éteintes. À contrecœur, je me suis satisfait de poussières de lui. Avec l’énergie du désespoir, j’ai continué de le faire exister dans ma vie à travers des actions morbides et désespérées. Oui : j’ai stalké. De temps en temps, mon endurance et ma détermination étaient récompensées par un peu de matière : c’était brillant et lamentable à la fois. Habituellement, je gère plutôt bien mes vexations. Cette fois-ci, je n’ai pas su contenir la fouine qui est en moi et fait trembler la cage.

Nous nous sommes retrouvés des années après, alors que j’étais en couple avec « l’autre du paragraphe II ».  J’ai tout avoué : mon malaise, mes recherches… il m’a confié ne pas en avoir espéré moins et m’a précisé que c’était « très  flatteur ». Ce type est définitivement perdu, malsain.

IV. La fois où je l’ai quitté et où il m’a supprimée de son panorama numérique

Après avoir un peu vécu… j’ai entendu et compris son positionnement : « Tu me quittes, ta décision est prise, je suis triste. Si je continue de te lire et de te voir quotidiennement*, je vais avoir du mal à aller de l’avant, à aller mieux. J’ai besoin d’une rupture significative qui pose les bases d’une nouvelle ère. ». Ça se défend. Je ne peux que saluer la droiture et la détermination vers lesquelles je tends mais qui me sont encore inaccessibles.

* Tout ce qui est évoqué plus haut dépend - bien sûr - de la prolixité et de l’assiduité sur les réseaux des parties prenantes des relations dont nous traitons.

Alerte au poncif : il convient d’apprécier chaque situation/histoire en tenant compte de ses particularités ainsi que du passé et de la sensibilité de chacun de ses protagonistes. Rien n’est jamais simple et il serait aussi audacieux qu’idiot d’être définitif ou catégorique quand on parle de relations humaines, d’amour.

Je pense à moi, je fais la balance

Je ne supporte pas l’idée de perdre définitivement quelqu’un que j’ai aimé. Comme je ne sais pas faire le deuil, je ne « tue  pas numériquement ». Passée la tristesse ou la colère - ma terrible curiosité mise de côté, j’ai besoin de savoir que mes « anciens aimés » vont bien, qu’ils respirent encore et que leurs tensions sont bonnes. Peu importe qui a quitté l’autre, il me  faut maintenir un lien, « un filet »… et les réseaux rendent cela possible.

In globo, c’est pour moi rassurant et salutaire, plus rarement, pervers.

Je me dis que cela n’ira que mieux : au fil du temps on apprend à se ménager, à viser plus juste et à s'arrêter quand il le faut…  Quant à l’autre…

En post-rupture : après avoir passé un peu de temps avec quelqu’un, on est généralement en capacité de déterminer ce qui lui fera de la peine et si c’est un mal nécessaire.

À nous de nous laisser une chance de faire une bonne… dernière impression (ou pas).

@LeBitchClub
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