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Les femmes x La salle de muscu

J’adore les filles. Et j’adore la salle de sport. J’aime donc me moquer des deux. Peut-être parce que moi-même, je suis une fille qui va beaucoup à la salle de sport.

La faune féminine qui se rend à la salle de muscu est une espèce qui se fait de moins en moins rare. Aujourd’hui loin d’être menacée, je dirais même qu’elle s’est réimplantée avec brio dans ce milieu qu’elle a longtemps jugé hostile. Même si elle a encore du mal à s’y sentir comme chez elle.

Territoire de mâles depuis des décennies, la salle de sport a longtemps été le repaire de stéroïdés qui ne bouffent que des œufs et des blancs de poulet, et s’échangent leurs derniers trucs pour vivre sereinement en faisant 8 repas par jour, dont 2 qui les obligent à se lever en pleine nuit. Parfois c’est la folie, on s’enflamme sur des steaks à 5% de matière grasse et des boîtes de thon à l’huile d’olive (livrées par fenwick en palette de 100).

Désormais, la femme a investi totalement cet environnement fait de fonte et d’odeur de transpi où, si elle a un peu de chance, elle peut encore croiser un ou deux revendeurs de prot’ sous le manteau. Pour le folklore. Sinon c’est un peu comme un match de foot sans un supporter pour traverser le terrain complètement nu. C’est relou et augmente les prolongations, mais si y’en a pas c’est que la rencontre est nulle.

Donc, depuis une dizaine d’années, la salle de sport est redevenue une niche écologique où les femmes se réintroduisent très bien d’elles-mêmes. Ainsi que leurs leggings moulants, leurs mouvements sexy et leur propre sueur. Si, regardez bien, elles transpirent sous leur fond de teint et autre maquillage waterproof. Ce qui leur donne un côté artistique d’ailleurs, style : « Sexy sudation contemporaine en mouvement ».

Mais oui, le constat est implacable : une femme sophistiquée le reste. En toutes circonstances. Même si toute la société lui crie qu’elle est dans une no-go-zone-wearing-makeup, et que transpirer en T-shirt publicitaire est pleinement autorisé. Même si la fin du monde s’annonce imminente. D'ailleurs si jamais Noé veut l’embarquer sur son arche, il a intérêt à avoir un beauty corner en fond de cale, il est prévenu.

Mais il faut les comprendre. Si la salle de muscu a ouvert grand ses portes aux fessiers des fit-girls qui ne font que squatter et se poster sur instagram, il n’est pas toujours évident pour les autres de s’y sentir à l’aise dès le départ. Imagine t’es une meuf et on te dit « mets ton joggo dégueulasse, sans aucune couche de maquillage, soit tôt le matin ou tard le soir (suivant le reste de ta vie) car c’est LE moment de la journée où tu côtoieras le ratio le plus important de beaux mecs au mètre carré ». Tu signes ?

Jamais de la vie.

Sauf si t’es Jessica Alba (ultra bonne sans rien faire) ou… déjà rôdée à la salle de muscu.

Et oui, car le lâcher prise dans cet endroit que le cliché place en numéro un des lieux propices à la rencontre, n’est pas simple.

(Cliché qui est : le mec qui suinte de ses gros biceps drague la jeune fille sans biceps en train de faire une demi répétition d’abdos fessiers et 15 minutes d’elliptique sans forcer.)

Mais joli coeur – et je vais t’avouer un secret pour choper à la salle de sport, sans enrichir ni Sephora ni Fabletics – les meufs sont sexy au naturel, même en sueur et ultra déter. Mais si, sous tes 300 couches de correcteur/fond de teint/bronzer/blush/highlighter tu le sais toi aussi.

Tu le sais, qu’une femme qui se remet du rouge à lèvres avant de sauter sur le tapis de course, ça sent l’arnaque. C’est contreproductif. Les mecs qui viennent à la salle aiment les filles de l’effort, celles qui sont là pour se donner à 100% et transpirer. Celles qui musclent leurs intercostaux pour porter leurs petits tops sans complexe. Celles qui se tuent à la presse, pour maintenir leurs grosses fesses en place et aller s’enfiler des litres de mojitos et des  tonnes de burgers lorsqu’ils les inviteront à sortir.

Conclusion : à la salle de sport, la parade amoureuse doit être la même pour les deux sexes. Alors mesdames, sentez-vous libre d’y venir comme vous êtes (sans le macdo, vu qu’un bigmac vaut au moins 100.000 abdos).

Candice Joncour

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