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Les différents langages de la communication sexuelle

Depuis quelques années, la parole autour de la sexualité s’est largement démocratisée et répandue autour de nous. Grâce aux réseaux sociaux, de nombreuses pages ont vu le jour, servant à la fois d’inspiration, de mine d’informations ou même d’aide à la connaissance et à l’apprentissage de cet art dont les secrets ne se révélaient jusqu’à lors qu’après de longues années de recherches et de dur labeur.

Aujourd’hui, le plaisir féminin n’est plus boudé, la carte des organes génitaux est aussi connue — voire mieux — que celle de l’Europe, et on ose enfin exprimer nos envies et nos désirs, ainsi qu’échanger sur nos bonnes pratiques et expériences, aussi merveilleuses que catastrophiques.

On réalise alors que, quelle qu’elle puisse être, notre sexualité n’est ni étrange ni dégoûtante et surtout, jamais honteuse. Mais plus que cela, on prend conscience — avec grand soulagement — que nous ne sommes pas seuls à nous poser les questions que nous nous posons, et encore moins à éprouver ce que nous éprouvons.

Si cet engouement autour du sexe est un grand pas pour notre bien-être et notre épanouissement tant individuel que relationnel, il est néanmoins facilité par le fait que ces échanges soient pour la plupart réalisés derrière nos écrans.

Lorsqu’il s’agit de s’exprimer de vive voix et face à la ou les personnes qui partagent notre intimité, on a beau tourner sept fois notre langue dans notre bouche, les mots peinent à sortir et la peur du jugement refait surface.

Pourquoi est-ce si difficile de parler de sexe ?

Le sexe est un domaine qui est lié à beaucoup d’autres. Il est surtout lié à notre façon d’être et à la façon dont nous voulons être perçus, ainsi qu’à celle dont nous sommes réellement perçus.

Bien souvent, nous nous construisons sur un modèle de sexualité assez défini et remettre en question ce modèle n’est pas toujours chose évidente. De plus, la société dans laquelle nous évoluons diffuse encore de nombreuses croyances limitantes et des préjugés tenaces. De plus, lorsque l’on exprime ses préférences ou envies, on a souvent peur du regard de l’autre, car c’est tout un pan de notre personnalité et de notre intimité que l’on accepte de dévoiler.

Dans un tel contexte, questionner sa sexualité et celle de nos partenaires reste encore aujourd’hui quelque chose de délicat qui nécessite d’être fait avec tact et bienveillance, aussi bien de la part de celui qui dépose, que de celui qui reçoit.

Le langage des mots

Partons du principe que chacun est animé des meilleures intentions et souhaite le plaisir pour son / sa partenaire de jeu. En lui déballant de but en blanc qu’il ou elle n’a rien compris, vous êtes certain.e de braquer l’autre et d’enchaîner sur un débat qui sera tout sauf positif ou constructif.

Comme chaque corps est différent et que nos sensations et préférences nous sont également propres, pensez à mettre de côté les phrases négatives et les reproches pour privilégier l’expression par le « je ».

Par exemple, passez du « tu t’y prends mal » par « j’aime quand c’est plutôt comme ça » ou « je ne me sens pas à l’aise quand ça se passe ainsi ».

Vous ouvrez alors une discussion où chacun est sur un pied d’égalité et où le dialogue et les échanges peuvent s’installer en toute bienveillance. Et souvent, conscient.e du courage qu’il vous aura fallu de vous confier, l’autre n’hésitera pas à en faire autant à son tour, ou à vous questionner davantage pour comprendre comment vous faire plaisir.

Le but pour celui qui s’exprime, c’est de trouver les mots justes, ceux qui permettront de dire notre ressenti sans heurter ou blesser l’autre. Pour celui qui écoute, l’important est de considérer les choses de manière non personnelle et de prendre l’information comme un cadeau, une preuve de confiance et non une attaque.

Dans le sexe comme dans la vie, tout peut être entendu, pour peu que ce soit dit de la bonne manière.

Le langage des corps 

Pour ceux qui trouveraient les discussions trop solennelles, vous avez également la possibilité de faire passer votre message durant vos jeux coquins.

Dans les moments de plaisir, que cela passe par des sons, des soupirs, contractions, frissons ou autres manifestations, le corps parle de lui-même à condition de rester en phase avec ses ressentis et de ne pas surjouer (No simulation please !). Si vous avez la chance d’avoir un.e partenaire à l’écoute, et qui plus est, un tantinet curieux.se de vous explorer, alors le plaisir ne devrait pas tarder à pointer son nez.

Sinon, n’hésitez pas à le ou la guider sur le moment, par des indications ou en lui montrant tout simplement ce que vous aimez. Encore une fois, on oublie le côté « bossy » et on privilégie la bienveillance pour faire de ce moment, un vrai moment de partage.

Le « je » pour le « jeu »

Parce que le sexe est une des choses les plus agréables qui existent sur Terre, ces moments doivent rester aussi légers que possible. N’y mettez pas d’enjeux ni de pression, ce n’est ni une course ni un concours. Abordez cela plutôt comme un jeu et jouez-le à fond, juste pour le plaisir du moment et non pour celui de la performance. Parce que derrière cette image de sexualité libérée, fun et sans contrainte, se cache en réalité des êtres humains, avec leurs ressentis, leurs émotions, leur vécu et leur ego, et qui ne demandent bien souvent qu’à être guidés pour mieux faire.

@indecence_et_deraison

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