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Le timing des gens heureux

Pour continuer dans le thème des mythes et légendes urbaines qui ont façonné les relations amoureuses depuis des siècles et des siècles, intéressons-nous cette fois d’un peu plus près au fameux « timing », que certains nommeront aussi « l’ordre des choses ».

Eh bien oui malheureux ! Si vous pensiez pouvoir vivre d’amour et d’eau fraîche comme vous l’entendiez, c’était sans compter le planning bien serré que la bonne société a gracieusement établi pour vous.

Depuis tout jeune, on nous raconte que l’amour prend du temps, qu’il se construit au fil des années et que surtout, surtout il ne faut pas se précipiter.

D’abord on se rencontre, on se fréquente, on s’entiche et on s’attache sans toutefois tout offrir ni dévoiler de sa personne. Et puis un jour, l’un de nous ose le premier « Je t’aime ». On officialise la relation si ce n’est pas encore fait, on rencontre les amis, la famille, on emménage ensemble, on fait des projets, on se pacse pour payer moins d’impôts et l’on passe du petit appartement en ville à la maison en banlieue. On attend et on espère que monsieur se décide, en toute discrétion bien sûr, on laisse traîner des indices ici et là, juste au cas où, pour lui figurer que oui nous sommes prêtes et non, on ne lui refusera pas la main qu’il nous tendra. On finit par se marier, par amour, par envie, par tradition ou encore pour faire plaisir à nos parents pour qui c’est important.

Après tout, tout le monde le fait, alors pourquoi pas nous ?

La trentaine approche et on croit s’être sorti de tout ça. Mais la pression sociale nous rattrape sous couvert d’horloge biologique et de corps qui soi-disant se flétrit. On observe autour de nous les ventres s’arrondir, les monospaces se garer dans les allées, et l’on passe à notre tour du pourquoi, au pourquoi pas.

Après tout, tout le monde le fait, alors pourquoi pas nous ?

C’était de toute façon l’étape suivante, la pièce manquante au schéma de la réussite sociale et amoureuse.

Je pense qu’il est important de préciser que ce schéma, inculqué et majoritairement suivi, n’est en soi pas quelque chose de mauvais. Beaucoup d’entre nous le suivent et s’épanouissent à travers lui. Mais je crois qu’il est tout aussi important de rappeler que ce même schéma découle de l’évolution lente des mentalités d’une société où l’amour a d’abord longtemps été utilisé et considéré comme monnaie d’échange.

En remontant plusieurs siècles en arrière, on remarquera que les mariages étaient des prétextes aux arrangements territoriaux ou financiers entre les familles et les pauvres promis n’avaient bien souvent pas leur mot à dire.

Plus tard, mais pas plus tôt que l’époque de nos grands-parents, s’il était devenu commun de s’unir par amour, il était encore très mal vu de se séparer pour la même raison. Trahison, maltraitance ou tout simplement manque de compatibilité, on faisait bonne figure et restait coûte que coûte jusqu’au dernier souffle, et ce, quoi qu’il puisse nous en coûter.

Quand on y réfléchit, l’amour a en fait toujours été régi par des normes, des règles, des lois. Je ne sais pas pour vous, mais à moi, cela me semble totalement contradictoire avec la notion même de l’amour.

Chaque amour, tout comme chaque relation, est unique et devrait suivre son propre chemin, à son propre rythme et selon ses propres normes.

Quand l’amour éclot doucement chez certains, il frappe comme la foudre chez d’autres. Les semaines paraissent des mois, les mois des années et nous n’avons que faire des « vous devriez prendre votre temps » ponctués de regards réprobateurs.

Faire un enfant avant mariage, ne pas faire d’enfant, se marier tout de suite ou au contraire, ne jamais se marier. Vivre ensemble et se rendre compte que l’on préfèrerait vivre séparément, sans pour autant se séparer. Ne pas attendre, précipiter les choses ou au contraire, prendre tout son temps et bien plus encore, juste parce qu’on en ressent le besoin.

En réalité, tout est possible et tout est juste à partir du moment où cela l’est pour nous et notre partenaire.

En regardant autour de moi, je vois des couples de toutes sortes et de tous horizons. Quand j’ai moi-même été prise par l’imprévu et les aléas de l’amour, je me suis raccrochée à cette vision. J’ai demandé conseil, j’ai demandé à ce que l’on me raconte, et c’est ainsi que j’ai compris.

Les couples qui durent, ceux qui s’aiment encore après trente ans et trois enfants ne sont pas toujours ceux que l’on imagine. Un parcours exemplaire ne garantit pas une relation sans faille. C’est au contraire souvent quand on laisse les choses se faire naturellement et librement que l’amour se révèle être le plus exaltant.

Par @indecence_et_deraison

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