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Le courrier du coeur, neuvième édition

Un peu plus solitaire qu’à la normale, vous regardez le ciel bleu entre les rideaux blancs qui encadrent votre chambre. Face aux immeubles en béton, vous rêvez d’amour, d’après-midi sur l’herbe, de retour en arrière, de futur. Nostalgie, espoirs et envies vous gagnent peu à peu et les chansons pleines de questions de votre répertoire s’accordent à vos pensées. “Et si j’avais….”, “Peut-être que…”, “La première chose que je ferais en sortant…”... Vous avez beau monter le son, rien à faire, votre cerveau bouillonne au conditionnel.

Il est temps de faire le vide et le plein de jolis mots. Prenons le temps de poser vos doutes par écrit, et de les vivre à plusieurs. L’amour est toujours plus doux quand il est partagé, et les Courriers du Coeur sont là pour ça !

Comment faire quand un début de relation est perturbé par le confinement ?

Comment vivre l’amour au temps du confinement ? Une question on ne peut plus actuelle, qu’il s’agisse d’un début d’histoire ou d’une relation confirmée (allons-nous choisir de passer le confinement ensemble ? Comment gérer la promiscuité ?) Dans le cas d’un amour naissant, je propose de considérer le confinement comme une opportunité spéciale : Existe-t-il meilleure sensation que ces moments où tout n’est pas encore consommé, deviné, clair, où l’on attend chaque signe avec une excitation grandissante dans le ventre ? Que cet instant précis où le message arrive enfin sur votre téléphone ? Les histoires d’amour sont parfois trop rapides. Premier baiser, première fois, première dispute, premier “je t’aime”.... Le confinement tombe comme une petite pause bienvenue, un arrêt sur image, une temporalité différente, une redécouverte de la lenteur oubliée. Apprendre à se connaître, à s’écrire, à se deviner, creuser en profondeur des sujets habituellement effleurés, cultiver le fantasme, faire naître le désir grâce à l’absence, aller vers une créativité sensuelle nouvelle... Voyons le confinement comme une opportunité de faire durer ces délicieuses étapes que l’on brûle habituellement beaucoup trop rapidement, auxquels on repense un jour avec mélancolie. “Aaaah j’aimerais tellement retrouver les sensations de premières fois de mon histoire...” C’est une chance unique que nous avons, celle de les maintenir un peu plus, de solidifier avec intensité un lien naissant. Réapprenons à aimer dans la lenteur et dans l’absence, revalorisons les mots comme liens humains, tentons de combler le manque charnel en étant créatifs. Je vous assure qu’il y a plein de moyens d’y remédier : trouver les vôtres sera vite un plaisir.

Construire une relation quand on n’a pas les mêmes projets de vie, et étant jeune, est-ce utile ?

Ma réponse à cette question est tout à fait personnelle. Les projets de vie sont à mon avis les variables fluctuantes, mouvantes d’une vie, nourris des rencontres que l’on fait, des voies empruntées, des milieux vers lesquels on tend. Je crois qu’une histoire ne mérite pas d’être sacrifiée lorsqu’à priori nous ne souhaitons pas donner le même sens à notre futur. Surtout quand on est jeune. Mais si l’autre freine notre évolution immédiate, en revanche, il faut aller vers ce qui nous tient véritablement à coeur, sans jamais se sacrifier. Concernant les projections futures qui paraissent incohérentes, je suis d’avis d’essayer. De vivre cette histoire sans pour autant ranger ses propres désirs au placard et voir comment le tout évolue avec le temps. L’amour peut, je pense, se combiner à des manières de vivre différentes. Le défi est de trouver une harmonie, un modèle qui vaille pour l’un et l’autre. Parfois également, les personnes que l’on aime nous permettent de nourrir et préciser nos projets de vie. Des rencontres peuvent nous faire prendre conscience de certaines choses, définir davantage les contours de ce que l’on espère devenir, découvrir d’autres manières d’être et de vivre… Le principal est là, ne jamais s’oublier ni se sacrifier, mais tenter d’évoluer ensemble en cherchant des moyens créatifs de voir cet amour évoluer, s’il est bel et bien présent.

Pourquoi fuit-on l’amour ?

On ne compte plus les films ou les livres qui mettent en scène de grandes tragédies amoureuses aux héros dévastés. L’amour est terrifiant à la hauteur de sa beauté. Pourquoi l’est-il au point de vouloir le fuir ? Dans les réponses qui reviennent le plus figure la peur. Peur de souffrir, angoisse liée à un modèle familial fracassé (divorce, infidélités…), peur du rejet, de devenir trop dépendant(e), peur que ça finisse avant de commencer, ou encore syndrome de l’imposteur qui nous ronge et nous convainc qu’il vaut mieux ne rien tenter que d’être démasqué puis abandonné. La fuite de l’amour est ainsi motivée par de multiples craintes, héritées du passé, d’une projection sombre sur le futur que l’on se fait, d’un manque de confiance en soi et en l’avenir… Mais rassurez-vous, l’amour n’est pas seulement voué à la douleur ! C’est promis.

À défaut de pouvoir quitter votre chambre, vous avez désormais matière à papillonner. Dans les coulisses de vos premiers moments d’amour, dans les archives de vos messages, on vous sent prêt à partir… Les réponses d’Amours Solitaires ont ce pouvoir magique. Les questions que vous vous posiez ont, on l’espère, trouvé chaussure à leur pied.

Et si vous vous ennuyez en cette semaine de confinement, n’oubliez pas à quel point avoir l’occasion de perdre son temps peut être grisant ! Savourez, et profitez.

Morgane Ortin

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