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Laissez-moi être triste

Les réseaux sociaux nous incitent à montrer notre meilleur visage, un corps de rêve, une peau merveilleuse (merci les filtres), des vacances sous le soleil, un sourire d’une blancheur dingue grâce au charbon en poudre (bravo les influenceur·euse·s), une vie incroyable faite de rebondissements divers et variés (soirées, restos, weekends de folie...).

Oui mais, dans la vraie vie, dans notre petite tête et dans notre corps parfaitement imparfait, et dans notre cœur qui a lui aussi bien voyagé et bien couru, comment se sent-on vraiment ? Est-on encore réellement capable d’écouter nos émotions, quelles qu’elles soient, au lieu de se comparer avec la surface de l'iceberg de ce que les autres choisissent de nous montrer ?

Parfois, on semble oublier que notre vie ne se résume pas à notre présence dématérialisée sur internet. Et que nos réseaux sociaux n’ont pas pour vocation d’égaler ceux des top-modèles du moment, qui deviendront obsolètes quelques années plus tard. Ce monde virtuel idéal ne devrait pas nous rendre malheureux de n'être "pas assez” : pas assez beau/belle, pas assez drôle, pas assez riche, pas assez heureux·se.

D’ailleurs, parlons-en, du bonheur, toujours en représentation sur Instagram et compagnie. Des couleurs vives, de la bonne humeur, tout le temps. Peut-on vraiment croire que le bonheur est un état permanent dont on on ne sort jamais une fois atteint ? Heureux pour toujours avec un sourire très blanc qui picotera les yeux de nos followers.

Personnellement, je refuse cette théorie. J’aurais plutôt tendance à penser que nos journées, nos semaines, nos mois et nos années - bref les espaces-temps constitutifs de notre vie - nous font éprouver de multiples émotions subtiles et changeantes, mitigées, parfois indéfinissables, d’autres fois intenses et brûlantes, mais toujours temporaires. Il nous arrive d’être terriblement triste, mais aussi joyeux·se, euphorique, fou/folle. Et toutes ces émotions constituent une palette de couleurs riches, indénombrables, complémentaires. Sans moments de joie, on serait incapable de ressentir la tristesse, et sans moments de tristesse, de ressentir la joie… Et qu’est-ce que le bonheur si ce n’est la collection de petits morceaux de vie remplis de joie ?

Bref, tout ça pour en venir au fait qu'il me semble intéressant et utile de se laisser aller à la tristesse. La tristesse, la nostalgie, la mélancolie, tous ces états aussi beaux et nobles que la joie, l’euphorie, le bonheur… Ils sont complémentaires, se côtoient souvent de près (comme lorsqu’on passe du rire aux larmes) et n’existeraient pas les uns sans les autres.

Alors laissez-moi être triste quand j’en ai besoin, et laissez-vous être triste aussi.

En plus, savez-vous ce qu’il y a de mieux quand on est triste ? C’est d’écouter de la musique (triste, évidemment) et de la ressentir intensément, profondément. Dehors il fait gris, la pluie tombe délicatement et irrémédiablement, la brume vous embrume l’âme… Et c’est irrésistible, même réconfortant.

Pour cela, je vous propose une playlist qui rendra plus belle votre tristesse, vos souvenirs déchirants avec votre ex, votre deuil, votre solitude, votre vie que vous trouvez nulle, vos doux regrets, votre innocence disparue.

Il est temps de célébrer la tristesse !



Alice Gautreau

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