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Etude littéraire des punchlines de rappeurs #2

Gradur

« Après t’avoir baisée j’t’enlève de Snapchat » - Beue Shit

Difficile et légère est la vie de rappeur. Gradur, lui, est assurément un homme de son temps. Il est cet artiste 2.0 qui, plutôt que de se faire stalker par les groupies, donne bien volontiers un libre-accès à ses réseaux sociaux. Il n’est pas rare, que certaines succombent à son charme. Aussi, quand il cède (Gradur n’est qu’un homme après tout), notre « Shegey national », en bon chef d’entreprise organisé qu’il est, explique à ses conquêtes qu’en gagnant l’accès à son lit, elles perdent celui à son Snapchat. Pourquoi ? Tout simplement par soucis d’organisation. Selon nos informations, les groupies fraîchement promues au rang de « Sheguèze » rejoignent un groupe Facebook privé, nommé « En léger mes Shgeguèzes ». Ce groupe, qui rassemble 1500 membres (sans compter celui de Gradur), permet au rappeur une organisation plus facile de la rotation des « tchoins ». A noter que Gradur est le seul artiste au monde à faire du « community and sexual management ».

Seth Gueko

 « Suis-je métrosexuel si j’encule un contrôleur ? » – Delicatessen

Notre « Barlou à la patate de forain » se pose ici une question qui aurait pu être un sujet de philo du bac. Et si la punchline peut paraître simpliste, elle pose au moins la question de la définition de la métrosexualité. Wikipédia nous informe que le terme métrosexuel est un néologisme créé par le journaliste britannique Mark Simpson pour qualifier  « les citadins soucieux de leur apparence ». Aussi, et pour ne pas laisser monsieur Gueko dans des questionnements sans réponses quant à son orientation sexuelle, il convient de rappeler que la métrosexualité relève de la façon dont on s’apprête, et non de la nature de l’interaction (aussi intime soit-elle) que l’on partage avec les agents de la RATP ou tout autre personne ayant un rapport de loin ou de près avec le « suburbain ». Je vais prendre de l’avance et expliquer que culbuter tout employé d’un magasin METRO ne suffit pas non plus à gagner le qualificatif de métrosexuel. Aussi, à la question du sieur « Zdedededex » : « Suis-je métrosexuel si j’encule un contrôleur ? », on  répondra : Oui, pourvu que vous habitiez en zone urbaine et que vous officiez en arborant une toilette parfaitement soignée.

Hugo TSR

« Ya pire que boire pour oublier, c’est oublier de boire » – L’habitude de la biture

Je connais mal Hugo TSR, mais c’est le genre de phrase qui me donne envie de faire plus ample connaissance tant il y a du Bukowski dans cet aphorisme. Ici est posée la question du rapport à l’alcool. Elle est posée dans le cadre du processus artistique (Hugo TSR étant un rappeur, donc un artiste).

Pour un artiste, donc, l’alcool joue à la fois le rôle de libérateur de l’esprit créatif et d’anesthésiant des maux qui grignotent l’âme. L’alcool et l’art exercent dans le même hôpital : celui où l’esprit est en convalescence. L’alcool anesthésie, l’art opère. En résumé, ceux que l’on nomme « ivrognes » sont en réalité des artistes en convalescence. Pensez-y, désormais. Ne culpabilisez plus de la race que vous vous mettez le jeudi en « After-Work », et/ou le vendredi soir après une belle semaine de merde au bureau : vous êtes un artiste qui souffre, et la meilleure preuve de cela, c’est ce double mojito royal que vous êtes en train de vous envoyer.

Désormais, vous saurez qu’on ne dit pas  « bars à pochetrons », mais  « lieux où se regroupent des artistes ».

De même, on ne dit pas  « flaques de vomi sur la voie publique », mais « Street Art ».

Tony Bourguit

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