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Être bien avec soi-même après s’être fait larguer

Je ne suis personne pour donner des conseils à celles et ceux qui vivent un deuil amoureux et quand bien même je le ferais, je sais comme il est difficile pour ces gens-là de les écouter tant la démence et le chagrin peuvent parfois prendre possession de leur être. Le chagrin n’a pas d’oreilles, comme le bonheur peut si souvent nous couvrir les yeux. Alors ces conseils, je vais les écrire pour ceux que j’aime et qui m’aiment, en espérant qu’ils me liront à défaut d’écouter ma voix. Je connais beaucoup de personnes dont le retour à la solitude est un fardeau. Mes amies sont les premières personnes à qui je pense, à ma mère aussi. Ces femmes, si différentes soient-elles, ont toutes été habituées, d’une manière ou d’une autre, à enchaîner des histoires d’amour plus ou moins longues. Mais, une fois célibataires, que se passe-t-il pour ses personnes là ? Eh bien c’est souvent le désarroi. Pour deux raisons principales, c’est un problème.

Dédiaboliser l’égoïsme

Lors d’un deuil amoureux, se satisfaire de ses envies est sain. En commençant par réécouter ce qui pourrait nous faire plaisir et qu’on avait inconsciemment occulté dans la vie à deux. Ces désirs simples peuvent être un petit plat, une tenue à mettre ou un film à regarder. Mon extraordinaire tante m’a un jour dit « Tu respirais avant de le rencontrer, eh bien tu respireras après ». Et elle avait raison. L’égoïsme, que la société aime tant blâmer, est, dans ce cas précis, particulièrement sain, voire nécessaire, si l’on souhaite se réapproprier notre libre arbitre. Par exemple, si vous ne supportiez plus tant l’orgueil enfantin de votre partenaire, pensez à l’adopter pour vous-même le temps de panser votre peine. Par là, il ne s’agit pas d’être une ordure égocentrique et sans cœur mais enfin, le temps d’un chagrin d’amour, déjà si dur soit-il, n’est-ce pas le moment le plus approprié, le moins condamnable oserais-je dire, pour se regarder (enfin) le nombril ? Un chagrin, c’est bien connu, ça éclabousse l’amour-propre. Ca l’abîme. Or, en écoutant ses envies qui excluent celles de l’autre, l’amour-propre revient doucement. Ce que je m’évertue à dire et que j’ai tant de mal à exprimer, c’est qu’il faut refuser de se noyer dans l’ombre d’une personne qui n’est plus là. Chasser le souvenir qui plane. S’écouter avec tendresse. Il faut aimer ses envies et les satisfaire. Il faut se trouver glorieux d’avoir réussi et fier. Parallèlement, et c’est là le miracle de l’écoute de soi qui mène à la connaissance de soi et donc à l’amour de soi, ce triangle donne naissance à la maturité émotionnelle, essentielle pour être capable d’accueillir un prochain partenaire dans les meilleures conditions. Savoir analyser ses envies et les écouter, c’est être à-même d’écouter celles de l’autre. Car ne nous voilons pas la face, nous ne sommes jamais à l’abri d’une nouvelle histoire d’amour.

L’autre est un +, NON UN BESOIN

Refuser d’accepter sa solitude peut nous pousser à être attiré par l’autre pour les mauvaises raisons. On croit vouloir vivre une grande histoire d’amour, désirer les papillons et les petits « Bien dormi beauté ? » au réveil, mais en réalité, c’est le besoin qui parle, et le besoin qui parle n’est autre que la fuite de soi-même. En grattant à la porte de personnes qui ne nous correspondent pas et qu’on peut probablement rendre malheureuses (et inversement), on comble simplement un vide, un manque qu’on s’invente. Ce vide à combler qu’on s’invente - parce qu’on est dans la fuite de sa propre compagnie - s’appelle la dépendance affective. Je m’explique. L’être humain que le chagrin nous pousse à voir pour faire l’amour et/ou recevoir des caresses n’est pas censé être un besoin mais un plus. Or, si nous sommes en osmose avec nous-même, l’autre est censé nous apporter un plus, non une complémentarité ( qu’on s’est inventé). Notre seul besoin, c’est nous-même.

Par la même occasion, on risque aussi de rendre malheureux l’autre. Ainsi, cette chute de dominos aura été provoquée par une dépendance affective épousée à un narcissisme notoire acquis dans la fuite de soi-même et donc, dans la fuite de cette période (tellement extraordinaire) qu’on appelle « du temps pour soi ».

Plans cul autorisés voire conseillés

Il n’y a rien de mal à essuyer un chagrin d’amour avec quelques plans culs, à condition que les deux parties se soient mises d’accord au préalable sur l’état émotionnel de chacun. Personne ne gère son chagrin de la même manière et fréquenter quelqu’un dans l’unique but de nourrir son orgueil meurtri n’a jamais fait de mal à personne, à condition, je le répète, que le contrat moral entre les deux personnes soit mis en place en amont et respecté. Quant à l’aspect psychologique de la chose, je dirais simplement attention à la fuite de toi-même ! Car une partie de jambe en l’air n’est souvent rien qu’une anesthésie temporaire. Aussi, est-il encore utile de préciser qu’un plan cul reste une relation humaine ? Nous ne sommes jamais à l’abris de sentiments naissants. Nous ne sommes rien sans rien et ce n’est pas moi qui le dis, mais la science. Sans affection, nous deviendrions complètement fous.

Plan cul ou pas, tout est là : Il faut s’écouter. En s’écoutant, nous ne précipitons pas les choses, ce sont les choses qui se déroulent à notre rythme. Elles glisseraient presque. Une fois que nous sommes en accord avec nous-même, que l’amour-propre enfle doucement, que les désirs nous appartiennent à nouveau, peut-être pouvons-nous - enfin - ajouter un rien à notre rien, pour en faire un plus.

Se connaître, c’est être très fort. Rien n’est plus puissant qu’un être dont la connaissance de lui-même est en éveil constant.

Par @ladelicatessedesmots

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