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Connerie Humaine #1 : Les aveux à la bourre et la bataille d'égo

Si l’on se base sur sa faculté à trouver des méthodes toujours plus cruelles et originales de péter la gueule de son prochain, l’être humain est carrément supérieur à toutes les autres espèces de la planète. Un autre domaine au sommet duquel culmine notre espèce, c’est la connerie, notamment en amour. Là, je pense qu’on peut étendre notre suprématie à 40 ou 50 galaxies. Facile.

 Oui, en amour, nous autres, humains, parvenons à tutoyer des niveaux de conneries assez spectaculaires. Ici, nous allons tenter de recenser et d’expliquer quelques-unes de ces pathologies comportementales, notamment les « aveux à la bourre » et « la bataille d’ego ».

 

 

Les aveux à la bourre

Haaa, démarrons fort !

Les aveux à la bourre, ou le fait de confesser quelque chose de pertinent/gentil/important, mais trop tard.

 Tu as toujours su cette chose. Tu as toujours considéré que cette chose devait être dite. Et tu pouvais à tout moment partager cette chose à sa destinataire. La divulguer. Mais tu as préféré la conserver recluse, gardée par ton égo.

Bien joué Champion !

Tu es officiellement titulaire d’une absence totale de meuf grâce à ta stratégie merdique.

Tu as désormais tout le temps de te racler le fond de la boîte crânienne à la recherche de ce qui a merdé dans ton couple.

Et quand tu l’as recroisée, tu as finalement pu dire à ton ex « J’ai toujours trouvé que tu étais particulièrement belle dans cette robe ». Oui,  tu parles bien cette robe qu’elle a mise 698 fois quand vous étiez encore ensemble et dont tu te branlais, alors qu’elle, ne la revêtait quasi uniquement que pour te faire plaisir. Et là, tu te dédoubles dans ton propre subconscient. Tu es dans une pièce blanche et ton double est là. Il te regarde avec une expression de dégoût sur le visage avant de te poser la question qui tue: « POURQUOI NE PAS LUI AVOIR DIT QUAND C’ETAIT TA MEUF, DEBILOS ? ».

Alors ici, la robe n’est qu’un prétexte, hein.  A noter que cet exemple ne fonctionne pas si la robe en question vient de chez Desigual. On ne se sape pas sciemment en paella tout en espérant susciter des compliments. Faut pas déconner.

Tu as aussi cette amie qui a tout fait pour rompre avec ce garçon qui était pourtant parfaitement adorable. Ce mec était tellement fait pour elle que même Gilbert Montagné l’a cramé. Tu as vu ton amie agir comme la pire des garces avec ce charmant garçon, saboter ce qu’elle aurait dû considérer comme un présent… Surtout que sa vie sentimentale est à peu près aussi verdoyante que le Mordor – vie sentimentale dont elle ne manque d’ailleurs pas de se plaindre à une fréquence qui ferait passer Vitaa pour une femme épanouie. Mais bon, voilà. Tu es une amie. Une putain de super amie. Avec la partialité que ça implique, avec l’absolution que tu es censée lui conférer. Alors tu prends son parti, même si ça te coûte. Même si au procès de sa connerie, tu serais un témoin clef.

Et puis, un jour (un beau dimanche ensoleillé)  tandis que vous vous prélassez en terrasse humectant vos gorges respectives de la douceur mentholée d’un mojito, cette GROSSE POUF te sort dans une décontraction insolente : « De toute façon, je sais qu’Armand est l’homme de ma vie. C’est bien dommage que nous ayons rompu ».

Et là, subitement, tu te découvre une passion pour la violence. Tu as envie de lui dire « Bah dis le lui, putain ! ». Mais tu ne vas pas juste le lui dire. Oooh non !  Tu vas le lui dire en attrapant son chignon de grognasse schizophrène pour fracasser son front sur une table entre chaque syllabe : « BAH-BANG !-DIS – BANG ! - LE – BANG ! – LUI - BANG ! PU ! BANG ! TAIN ! BANG».

Enfin bref. La vie, ce n’est que du timing.

La bataille d’Ego :

La bataille d’ego peut prendre plusieurs formes.  L’ego, c’est ce pare-feu que vous installez sur votre PC, mais qui est tellement puissant, qu’au lieu de ne pas laisser rentrer les virus, ferme carrément la porte d’entrée. Plus de connexion internet. Rien ne rentre, rien ne sort.

Avec les réseaux sociaux, la bataille d’égo devient une symphonie à la connerie. Le Nutella de la stupidité amoureuse.

Scénario :

Roger aime encore son ex Brigitte. Roger voit une photo de son ex Brigitte sur Facebook. Roger la trouve magnifique. Roger aimerait « liker » ladite photo. Mais il ne peut pas. Parce que ce « like » pourrait être interprété comme un aveu de faiblesse, car, selon le code des « glandus en amour » :

 « Qui like en premier la photo de l’autre avoue porter la responsabilité de la rupture ».

Du coup que fait Roger ? Roger fait une photo, lui aussi. Il met tout ce qu’il a pour paraitre beau gosse en espérant que Brigitte la like. Isabelle, Micheline, Denise ont « liké » sa photo. Sa mère s’est même fendue d’un « Tu es beau mon fils » en commentaire et a liké, elle aussi, la photo.  Mais pas Brigitte. Et pourquoi, me direz-vous ? Et bien tout simplement, et c’est ce qui est marrant, parce que, Brigitte aime encore Roger. Elle aussi ! Donc elle est assujettie à la même règle stupide.

HAHA !

Ils vont donc continuer à ne pas se parler directement pour se dire ce qu’ils ressentent, préférant inonder Instagram, Facebook et Snapchat de photos, passant pour des crétins égocentriques aux yeux de toutes leurs timelines. D’ailleurs, tout le monde à compris qu’ils s’aiment encore. Leurs amis le savent ; leurs parents le savent ;  Louis XIV qui est mort depuis un moment le sait ; eux-mêmes le savent. Même eux s’en doutent. Cependant,  ils ont toute la réputation de l’espèce à défendre. Ils se doivent de repousser la limite de la connerie à des sphères insoupçonnées. Donc ils ne se l’avoueront jamais. Donc ils sont cons.

Tony Bourguit

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